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Paroisse Saint-Charles, Louisiane - Aujourd’hui

La Rolls-Royce Grey Ghost avanca lentement sur l’allee de gravier en arc de cercle, le crissement des pneus etouffe par d’epaisses touffes de mauvaises herbes. La Mercedes qui suivait la vieille Rolls s’arreta aussi devant la colonnade d’une vieille plantation dont la facade, de style grec, etait encadree de venerables chenes d’ou pendaient des guirlandes de mousse espagnole. Une plaque de cuivre signalait que Penumbra avait ete erigee en 1821 par la famille Pendergast et qu’elle etait inscrite au registre des Monuments historiques.

A. X. L. Pendergast descendit de la Rolls en examinant attentivement le decor qui l’entourait. On etait en fevrier, l’apres-midi touchait a sa fin et un soleil pale dessinait des jeux d’ombre et de lumiere entre les colonnes, striant le porche de rayons dores. De rares echarpes de brume diaphanes flottaient au-dessus d’une pelouse trop haute, envahissant le jardin mange d’herbes au-dela duquel s’etendaient des marecages bordes de cypres. Une epaisse patine de vert-de-gris recouvrait les balustrades en cuivre du premier etage, la peinture de la colonnade s’ecaillait et il regnait autour de Penumbra une atmosphere d’abandon, d’humidite et de desuetude.

Un personnage d’allure etrange descendit de la Mercedes. Petit et courtaud, il portait une redingote noire rehaussee d’un oeillet blanc, accroche a la boutonniere.

Notaire a La Nouvelle-Orleans, l’homme ressemblait a un maitre d’hotel de club anglais. Malgre le ciel limpide, il tenait dignement un parapluie roule sous le bras et balancait une mallette en peau d’alligator dans une main gantee. D’un geste plein d’elegance, il posa sur sa tete un chapeau melon et s’avanca.

— Apres vous, monsieur Pendergast, declara-t-il en dirigeant sa main libre vers un petit jardin botanique mal entretenu, ferme par une haie, a la droite de la maison.

— Je vous en prie, monsieur Ogilvy.

— Merci a vous, repliqua le petit homme en traversant rapidement la pelouse detrempee.

Ogilvy poussa la barriere qui s’ouvrait au milieu de la haie et penetra dans le jardin botanique, suivi par Pendergast. Du meme pas assure, il emprunta une allee dont le gravier avait fini par disparaitre sous les herbes folles, et marcha vers un tsuga du Canada derriere lequel on apercevait un carre de terrain ceint de grilles rouillees. Des steles de marbre et des pierres tombales mangees par la vegetation s’elevaient de tous cotes, certaines a la verticale, d’autres perilleusement penchees.

Le petit homme se planta devant une sepulture imposante et saisit a deux mains la poignee de sa mallette en attendant que son compagnon le rejoigne. Peu presse, Pendergast prit le temps de parcourir le petit cimetiere familial en se caressant le menton d’un air songeur avant de s’arreter a cote du notaire.

— Fort bien, dit ce dernier avec un sourire de circonstance. Nous voici a nouveau ici.

Pendergast acquiesca machinalement, puis il s’agenouilla, ecarta les mauvaises herbes qui cachaient l’inscription et lut a voix haute :

Hic jacet sepultus

Louis de Frontenac Diogene Pendergast

2 avril 1891 - 15 mars 1965

Tempus edax rerum

Debout derriere Pendergast, M. Ogilvy placa sa mallette en equilibre sur la stele, l’ouvrit et sortit un document qu’il posa sur le couvercle rabattu.

— Monsieur Pendergast ? dit-il en tendant a son compagnon un stylo plume en argent.

Pendergast prit le stylo et apposa sa signature sur la feuille.

Le notaire y ajouta sa griffe accompagnee de la date, donna un coup de tampon et rangea le document dans la mallette qu’il referma a l’aide d’une petite cle.

— Voila qui est fait ! Il est a present etabli que vous vous etes rendu sur la tombe de votre grand-pere, je ne suis donc pas tenu de vous desheriter. Pas encore, tout du moins ! precisa-t-il avec un petit gloussement.

Pendergast se releva et le petit homme lui tendit une main potelee.

— C’est toujours un plaisir, monsieur Pendergast. Avec l’espoir de vous retrouver ici meme dans cinq ans, conformement aux dispositions de la rente familiale dont vous etes le beneficiaire.

— Tout le plaisir est pour moi, et il le restera, repliqua Pendergast en souriant sechement.

— Parfait ! Dans ce cas, il ne me reste plus qu’a retourner en ville. Me ferez-vous l’honneur de me suivre ?

— J’avais prevu de rendre visite a Maurice. Il m’en voudrait si je ne prenais pas le temps de le saluer.

— Tout a fait, tout a fait ! D’autant qu’il s’occupe tout seul de Penumbra depuis maintenant… eh bien douze ans, si je ne m’abuse. Vous savez, monsieur Pendergast, ajouta le notaire sur un ton de conspirateur, vous devriez remettre cet endroit en etat. Vous en tireriez un tres bon prix. Ces vieilles plantations d’avant la guerre de Secession sont extremement a la mode, celle-ci ferait une maison d’hotes ravissante !

— Je vous sais gre de vos conseils, monsieur Ogilvy, mais je compte la garder encore quelque temps.

— A votre guise, a votre guise ! Evitez toutefois la nuit tombee, vous risqueriez de croiser un vieux fantome.

Fier de son bon mot, le petit homme s’eloigna en gloussant, la mallette a la main, et disparut rapidement tandis que Pendergast restait seul au milieu des tombes. Le moteur de la Mercedes ronronna au loin et le silence reprit ses droits apres un dernier crissement de pneus sur le gravier.

Pendergast circula quelques minutes encore au milieu des steles qu’il prenait le temps de dechiffrer. Chaque nom faisait surgir des replis de sa memoire des souvenirs inattendus. La plupart de ceux qui reposaient la avaient ete exhumes de la crypte de la maison familiale de Dauphine Street, au lendemain de l’incendie qui avait detruit la vieille demeure du clan Pendergast a La Nouvelle-Orleans.

Le soleil disparut derriere les arbres, emportant avec lui ses rayons dores, et la brume bleme filtrant des eaux du marais envahit peu a peu l’espace dans une odeur entetante de mousse et de fougere. Pendergast resta longtemps immobile au milieu du cimetiere, dans le silence du soir qui commencait a tomber. A travers les arbres du jardin botanique apparurent les premieres lueurs en provenance des fenetres de la plantation. Un parfum de chene brule flottait dans l’air, evocateur des annees passees dans ce lieu au moment de l’enfance. En levant les yeux, Pendergast apercut un filet de fumee bleutee s’elevant paresseusement de la grande cheminee de brique. Rappele a la realite, il quitta le cimetiere, traversa le jardin botanique et gagna le porche dont les planches tordues gemirent sous son poids.

Il frappa du poing la porte d’entree, recula d’un pas et attendit. Un craquement resonna dans les profondeurs de la maison, suivi d’un bruit de pas d’une grande lenteur, d’un grincement de serrure, et le battant s’ecarta sur la silhouette courbee d’un vieil homme d’origine raciale indeterminee. La mine grave, il portait la tenue caracteristique des majordomes d’autrefois.

— Maitre Aloysius, dit-il avec reserve et distinction, sans oser tendre la main a son visiteur.

Pendergast avanca la sienne et le vieil homme la saisit entre ses doigts noueux avec une pression amicale.

— Maurice, comment allez-vous ?

— Moyennement, repondit celui-ci. J’ai apercu les voitures tout a l’heure. Un verre de sherry, monsieur ?

— Avec grand plaisir, je vous remercie.

Maurice pivota lentement sur lui-meme et traversa le hall d’entree, Pendergast sur les talons. Les deux hommes penetrerent dans une bibliotheque au fond de laquelle se consumait un feu de cheminee dont la chaleur suffisait a peine a chasser l’humidite.

Maurice s’activa dans un tintement cristallin et remplit un minuscule verre a sherry qu’il deposa sur un plateau d’argent avant de l’offrir ceremonieusement a son hote. Pendergast y trempa les levres, puis regarda autour de lui. Le temps poursuivait impitoyablement son oeuvre. Des taches maculaient les papiers peints, des moutons de poussiere s’accumulaient dans les coins, et Pendergast crut reconnaitre la course discrete de rats a l’interieur des cloisons. Le poids des cinq annees qui venaient de s’ecouler avait lourdement affecte Penumbra.

— Si seulement vous m’autorisiez a engager une gouvernante, Maurice. Ainsi qu’un cuisinier. Cela vous epargnerait bien du tracas.

— Mais non ! Je suis parfaitement capable de m’occuper tout seul de cette maison.

— Vous ne pouvez pas continuer a vivre ici seul. C’est dangereux.

— Dangereux ? Je ne vois pas ou se trouve le danger. Je veille a tout verrouiller chaque soir.

— Bien evidemment.

Pendergast degusta une gorgee de sherry, un Oloroso particulierement sec, en se demandant combien il pouvait en rester de bouteilles dans les vastes caves de la plantation. Bien plus qu’il ne pourrait jamais en boire, tres certainement, sans parler des vins, des portos et des vieux cognacs. A mesure que les differentes branches de la famille s’etiolaient, les caves a vin lui etaient naturellement revenues, tout comme le reste de la fortune des Pendergast dont il etait l’unique heritier encore sain d’esprit.

Il but une nouvelle gorgee et reposa le verre.

— Eh bien, Maurice, je crois que je vais m’offrir un petit tour de la maison, en souvenir du bon vieux temps.

— Bien sur, monsieur. Je reste ici si vous avez besoin de moi.

Pendergast quitta son fauteuil et traversa la double porte vitree en direction du grand hall d’entree. Un quart d’heure durant, il visita l’une apres l’autre les pieces du rez-de-chaussee : la cuisine entierement vide, une suite de salons et de petits salons, le garde-manger. Il flottait dans l’air des odeurs tout droit sorties de l’enfance : des effluves de cire, de vieux chene, et meme un soupcon oublie du parfum de sa mere, noyes dans un melange d’humidite et de moisissure. Chaque objet, chaque bibelot, chaque tableau etait a sa place, du presse-papier jusqu’au cendrier en argent, porteur de mille et une reminiscences attachees a des proches, disparus depuis longtemps. Des souvenirs de noces, de baptemes, de veillees funebres, de receptions, de bals masques, d’enfants courant d’une piece a l’autre, pourchasses par la reprobation de vieilles tantes.

Des souvenirs d’un passe revolu.

Il emprunta le grand escalier et s’arreta sur le palier ou deux couloirs opposes conduisaient aux chambres des deux ailes du batiment, de part et d’autre d’un grand salon dans lequel on accedait en passant par une double porte en arc de cercle, protegee par des defenses d’elephant.

Il penetra dans la piece au centre de laquelle tronait une peau de zebre. Au-dessus d’une cheminee immense, l’enorme tete d’un buffle du Cap l’observait mechamment avec ses yeux de verre. De nombreux autres trophees ornaient les murs : kudus, chevreuils, cerfs, biches, sangliers sauvages, elans…

Les mains dans le dos, il traversa lentement la piece ou la vue de ces gardiens immobiles d’evenements oublies lui rappela le souvenir d’Helene. Il avait eu le meme cauchemar la nuit precedente, un cauchemar d’un realisme terrifiant qui lui laissait toujours un sentiment de malaise au creux de l’estomac. Si un lieu pouvait l’aider a affronter les fantomes de son passe, c’etait bien celui-ci, meme s’il avait la conviction que ses demons ne le quitteraient jamais.

Le long d’un mur se dressait un ratelier ancien dans lequel etait enfermee sa collection d’armes de chasse. Il n’avait jamais plus touche a un fusil depuis ce jour terrible, l’idee meme de chasser lui donnait la nausee. Il s’agissait a ses yeux d’un sport cruel et brutal dont il peinait a comprendre qu’il eut pu le seduire dans sa jeunesse. A vrai dire, c’etait Helene qui lui en avait donne le gout. Fait rare chez une femme, elle adorait chasser. Mais tout chez Helene etait rare.

Son regard se porta machinalement sur le Krieghoff de la disparue, avec sa crosse de noyer poli, ses garnitures en or et argent. Ce fusil etait son cadeau de noces, offert en vue de chasser le buffle du Cap en Tanzanie. Une arme splendide en bois et metaux precieux, d’un prix exorbitant, concue pour tuer.

A travers la vitre poussiereuse, il crut discerner un anneau de rouille a l’extremite du double canon. En quelques enjambees, il rejoignait le palier.

— Maurice ? appela-t-il. Auriez-vous la gentillesse de m’apporter la cle du ratelier, sil vous plait ?

Apres une eternite, Maurice surgit enfin dans le hall d’entree.

— Bien, monsieur.

Sur ces mots, il s’eclipsa avant de reparaitre quelques minutes plus tard, une cle entre ses doigts noueux. Il monta lentement l’escalier, passa a cote de Pendergast et s’immobilisa devant l’armoire vitree qu’il deverrouilla.

— Voila, monsieur.

Pendergast crut discerner, derriere son masque impassible, un soupcon de fierte.

— Je vous remercie, Maurice.

Le vieil homme lui repondit par un hochement de tete et quitta la piece.

Pendergast ecarta la porte du ratelier et saisit l’arme avec une lenteur desesperante. On aurait dit que le metal lui brulait les doigts. Le coeur battant pour une raison qu’il ne s’expliquait pas vraiment, sinon par le cauchemar de la nuit precedente, il deposa le fusil sur la grande table au milieu de la piece. D’un tiroir de l’armoire vitree, il tira tous les accessoires dont il avait besoin et les rangea a cote de l’arme, puis il s’essuya les mains et saisit le Krieghoff qu’il examina soigneusement.

Il fut surpris de decouvrir que le canon gauche, a l’inverse du droit, etait parfaitement propre. Il reposa l’arme d’un air pensif et regagna le haut des marches.

— Maurice ?

— Oui, monsieur ? repliqua aussitot le vieux domestique.

— Savez-vous si quelqu’un s’est servi du Krieghoff depuis… depuis la mort de ma femme ?

— Vous avez demande expressement a ce que personne n’y touche jamais, monsieur. Je suis d’ailleurs le seul a posseder la cle du ratelier. Personne ne s’en est approche.

— Je vous remercie, Maurice.

— Il n’y a pas de quoi, monsieur.

Pendergast repassa dans la salle des trophees dont il prit soin cette fois de refermer les portes. Dans un bureau a cylindre, il trouva un vieux bloc qu’il ouvrit sur une page vierge avant de le deposer a cote du fusil. Arme d’une baguette, il entreprit de nettoyer soigneusement le canon droit en veillant a placer les residus sur la feuille avant de les examiner : a premiere vue, il s’agissait de restes de papier calcine. Sortant de sa poche la loupe qui ne le quittait jamais, il la fixa sur l’oeil et etudia les residus. Le doute n’etait plus permis, il s’agissait de fragments carbonises de bourre a fusil.

La decouverte etait d’autant plus surprenante que les munitions utilisees par Helene, des cartouches Nitro Express de calibre 500/416, constituees d’une balle et d’une douille remplie de cordite, etaient exemptes de bourre. Jamais un projectile de ce type n’aurait laisse ce type de trace.

L’examen du canon gauche demontra qu’il etait propre et huile. Pendergast s’en assura en passant un chiffon a l’interieur avec la baguette. Aucune trace de brulure.

Il se redressa, les sourcils fronces. L’arme avait servi pour la derniere fois le jour fatidique. Il se forca a repenser a l’enchainement des evenements, un exercice qu’il s’etait toujours epargne, mais il n’eut aucun mal a voir resurgir les details dans sa tete, chaque instant du drame etant reste grave dans sa memoire.

Helene n’avait tire qu’un seul coup. Le Krieghoff etait equipe de deux detentes, situees l’une derriere l’autre : la premiere actionnait le canon droit, c’etait naturellement celle que le chasseur privilegiait au moment de tirer, ce qu’avait fait Helene a en juger par les traces qu’il venait de trouver.

Helene avait rate le Lion Rouge, un echec qu’il avait toujours mis sur le compte de l’emotion.

A cela pres qu’Helene conservait toujours son sang-froid, quelles que soient les circonstances. Helene ratait rarement sa cible et elle ne l’avait donc pas ratee cette fois-la non plus. Ou plutot, elle n’aurait pas rate son coup si le canon droit avait ete charge avec une balle normale.

Le fusil avait ete charge avec une balle a blanc.

Pendergast connaissait suffisamment le maniement des armes pour savoir qu’un projectile a blanc ne produisait jamais le meme bruit et n’avait jamais le meme recul qu’une balle normale, a moins d’inserer dans le canon un tampon de bourre, ce qu’indiquaient les traces observees quelques instants plus tot.

Tout autre individu aurait vu sa raison vaciller en decouvrant l’horrible verite. Le matin fatidique, au camp, il avait vu Helene glisser deux balles Nitro Express dans le canon du fusil. Il s’en souvenait clairement. Il s’agissait de projectiles reels et non de balles a blanc, jamais Helene n’aurait commis une erreur aussi grossiere, et lui-meme voyait encore dans sa tete la jeune femme inserer deux balles a pointe molle dans le double canon du Krieghoff.

Quelqu’un avait donc remplace les projectiles par des balles a blanc entre le moment ou elle avait charge l’arme et l’instant ou elle avait tire ; la meme personne avait ensuite retire les deux cartouches, l’une intacte et l’autre pas, afin de dissimuler les traces de son forfait, oubliant toutefois de nettoyer le canon.

Pendergast se laissa tomber sur une chaise et posa sur ses levres une main qui tremblait imperceptiblement.

La mort d’Helene n’etait pas accidentelle. Il s’agissait d’un meurtre.

[Aloysius Pendergast 10] Fievre mutante
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